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Stage ISAF de survie en mer


Dans de nombreux domaines, la législation se durcit et la

plaisance n'échappe pas à la règle. L' ISAF (International

Sailing Federation) a édicté un Règlement Special Offshore

 (RSO) dans lequel il est précisé que les skippers des

bateaux participant à des régates doivent suivre un cours de

survie en mer. Pour Héléna en particulier, l'inscription à la

Transat Classique implique une obligation: 30% de l'équipage,

 dont le skipper, doit avoir suivi ce cours. Ainsi, Bernard W,

Serge R et moi-même, Serge F, nous sommes retrouvés

début avril à Marseille pour suivre cette formation.



Nous arrivons de Genève dans cette ville poussé par un généreux mistral qui ne cessera de forcir durant les deux jours du stage. Au total, 4 demi journées sont prévues dont 3 de théorie et 1 de pratique. Différents sujets nous serons proposés, de manière passablement condensée, mais fort intéressants.


                                                         La matière de ce cours nous incite à penser que le                                                          sérieux sera de mise. Vrai ! Car nous autres, pauvres                                                          stagiaires, sommes morts au moins dix fois chacun,                                                          rassurez-vous ... virtuellement: noyade, hypothermie,                                                          asphyxie, électrocution, panique et j'en passe. Nous                                                          avons même tué, virtuellement toujours, nos                                                          sauveteurs par notre incompétence. Vous pensez                                                          que tout cela est exagéré ? Malheureusement ce                                                          n'est pas le cas. Toutes les situations qui nous ont été présentées ont réellement existé et c'est sur la base de ces expériences que la survie s'apprend, se perfectionne, se transmet et finalement sauve des vies humaines. La nôtre ou la vôtre peut-être un jour. Ainsi nous nous ferons non seulement un devoir mais aussi un plaisir de vous transmettre ce savoir.


Schématiquement, on peut résumer la chaîne de la survie de la manière suivante:


Formation > skippers > équipiers


Matériel > connaissance > entretien


Navigation par gros temps > équipage > bateau


Evacuation du bateau > déclenchement des secours (ou inversement)


Survie


Récupération


Nous nous sommes familiarisés avec des techniques, des gestes

qu'il faudra apprendre et répéter afin qu'ils restent ancrés dans notre

tête. Nous avons manipulé du matériel de sauvetage et pratiqué des

exercices dans la patouille (l'eau) comme ils disent à Marseille.

 Avec le mistral en prime! Le grand avantage de ce cours est qu'il

nous a permis de rencontrer des professionnels de la mer. Les

différents formateurs étaient tous des capitaines de navire en fonction.

Tous ont été confrontés un jour ou l'autre à des navigateurs en

détresse ou des naufragés. Nous avons donc pris connaissance de

la survie par la fin de la chaîne, par ceux qui nous repèrent ou qui

nous récupèrent. Et croyez-moi, ce n'est pas triste d'être sur la passerelle avec eux et de voir ces coquilles de noix (nos voiliers) à la surface de la mer qui se secoue comme pour s'en débarrasser!


                                                       Ainsi j'ai appris que l'on n'arrête pas un gros navire juste "                                                        en réduisant les gaz". La manœuvre se prépare tant du                                                        côté des machines que du côté météo. Certains navires                                                        ont, selon leur cargaison, une stabilité dynamique dont                                                        l'absence les mettrait en péril s'ils venaient à s'arrêter.                                                        Par gros temps, un capitaine est presque toujours placé                                                        devant un dilemme: il doit porter secours et il doit                                                        préserver son propre équipage. Et nous avons vécu bien                                                        d'autres expériences depuis cette passerelle, parfois                                                        tragiques, parfois tragi-comiques devant l'incompétence                                                        et la légèreté de certains plaisanciers.


Nous avons également bénéficié de l'expérience d'un naufragé parmi les stagiaires. Il a vu couler le voilier qu'il convoyait en quelques minutes et n'a été

récupéré avec son compagnon que 8 jours plus tard alors

qu'il dérivait vers le large en Atlantique et que les recherches

officielles avaient cessé depuis 3 jours ! Il ressortait de son

aventure qu'un téléphone satellite n'est pas la panacée pour

vous tirer d'un mauvais pas. Finalement, ce cours nous a

montré combien il faut prendre au sérieux notre rôle et de

quelle manière il convient de combler nos lacunes. Ce à quoi

nous nous emploierons! Et cet été, si nous le pouvons, nous

mettrons sur pied à Versoix un mini cours survie pour les

équipiers qui poseront leur sac sur Héléna, histoire de faire connaissance avant le départ et de les flanquer à la patouille pour voir comment ils se dépatouillent.


En vous souhaitant bienvenue à bord.

Serge Favrat

Les skippers d'Helena se mouillent !